L’Udaf 73 relaie le communiqué de presse de l’Unaf – Budget familial : 2 500 parents racontent comment ils arbitrent, renoncent et s’organisent pour leurs enfants – 16/09/2026
Pour la 4e édition de son Observatoire des familles, le réseau Unaf-Udaf-Uraf consacre son enquête au pouvoir d’achat des familles. Réalisée par OpinionWay auprès de 2 500 parents ayant au moins un enfant de moins de 20 ans au foyer, elle a aussi été déclinée dans 48 départements et 11 régions auprès de 8 000 parents. Ces résultats éclairent les réalités budgétaires des familles et ouvrent des pistes pour mieux les accompagner.
Dans un contexte marqué depuis 12 ans par une forte chute de la fécondité, la question des freins matériels à la réalisation du désir d’enfants doit être posée. L’Unaf a donc voulu questionner les parents eux-mêmes pour documenter la charge financière liée aux enfants, mettre en lumière les stratégies qu’ils mettent en œuvre pour gérer le budget familial et connaitre leurs attentes de soutien de la part des politiques publiques.
Un budget familial de plus en plus tendu
- Au total, 63 % des familles se disent contraintes ou « juste » financièrement : 27 % jugent leur situation difficile et 36 % déclarent devoir faire attention. Cette fragilité atteint un niveau inédit depuis la création de l’Observatoire il y a 4 ans : 53 % des parents disent ne pas avoir les moyens de préparer l’avenir de leur enfant, contre 43 % en 2024, un décrochage de 10 points.
- Malgré les difficultés financières, les dépenses en faveur des enfants sont perçues comme source de satisfaction pour 92 % des parents et ce quel que soit leur niveau de vie et leur région. 91 % disent faire passer les dépenses liées à l’enfant avant leurs dépenses personnelles. Les parents font donc preuve de responsabilité et sont largement prêts à faire des efforts pour donner le meilleur à leurs enfants.
Un coût de l’enfant élevé, et perçu différemment selon les âges de la vie
- Le coût de l’enfant connaît deux pics marqués : la petite enfance (en lien avec les frais de garde) et l’adolescence à partir de 14 ans. Ce constat est en contradiction flagrante avec la décision des pouvoirs publics de quasiment supprimer la majoration pour âge des allocations familiales au motif qu’un enfant ne couterait plus cher qu’à partir de 18 ans.
- Toutes les dépenses relatives aux enfants nécessitent des efforts budgétaires : loisirs, habillement et alimentation arrivent en tête. Cité en 4e position par 69 % des parents, c’est le poste Logement qui les met le plus en difficulté (27% des parents).
- Au final, 77% des parents, quel que soit leur niveau de vie, considèrent que les dépenses liées à leurs enfants sont élevées
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Face aux frais, une double stratégie : hausse des revenus et baisse des dépenses
Face à la charge financière liée aux enfants, les parents ne restent pas passifs et élaborent des stratégies actives qui visent à la fois les dépenses et les ressources.
Concernant les dépenses, la revente d’objets est la 1ère solution mise en place par 46 % de l’ensemble des parents. Près d’un tiers des familles les plus modestes ont également recours aux découverts bancaires pour financer leurs dépenses. 74 % des parents sont à la recherche de promotions, et 57 % achètent des produits de seconde main. La contrainte financière a des conséquences potentiellement négatives : 37 % des parents renoncent à l’achat de produits pourtant utiles ; ils renoncent aussi à la qualité, surtout parmi les foyers les plus en difficultés (45 %).
Concernant les ressources, 52 % des parents cherchent à augmenter leurs revenus disponibles pour leurs enfants : recours aux heures supplémentaires (32 %), passage à temps plein (31 %), prise de responsabilité professionnelle (23 %). 19 % ont pris une activité salarié supplémentaire, plus fortement les jeunes parents (28 %), les familles monoparentales (24 %) et les hommes (22 %). Le recours à l’épargne est cité par 42 % des parents. Les jeunes parents et les familles monoparentales activent davantage les solidarités familiales.
Afin de limiter les frais de garde de leur enfant, 2/3 des parents ont été contraints de se rendre plus disponibles : 48 % ont aménagé leur vie professionnelle et 28 % ont arrêté ou réduit leur activité professionnelle, surtout les femmes.
Une aide publique vécue comme nécessaire
Face à la charge d’enfants, les parents regrettent un soutien public insuffisant et beaucoup renoncent à réaliser leur désir d’enfants, confirmant ainsi l’impact très probable des contraintes matérielles sur la démographie.
- 78 % des parents jugent que les impôts et les aides publiques actuelles ne prennent pas suffisamment en compte la charge financière due aux enfants, 56 % considèrent les tarifs des services publics destinés aux enfants (crèches, cantines, centres de loisirs) trop chers.
- 67 % des parents déclarent ne pas disposer des ressources financières pour envisager un enfant supplémentaire, notamment les jeunes parents (73 %), les femmes (73 %) et les habitants de zones rurales (71 %).
Ce qu’en retient l’Unaf
- Une tension budgétaire spécifique et croissante : non seulement la part de parents qui disent ne pas pouvoir préparer l’avenir de leur enfant augmente, mais on observe des pratiques de désépargne, de découvert bancaire pour faire face aux dépenses familiales courantes. Autant de signes qui confortent l’Unaf dans son combat contre les frais bancaires, pour la protection des consommateurs, pour le développement de l’accompagnement budgétaire.
- Gagner plus, dépenser moins : pour faire face à la contrainte financière, les pères sont davantage mobilisés sur l’augmentation des revenus par le travail et les mères sur la réduction des dépenses et des coûts, y compris en sacrifiant leur emploi pour réduire les frais de garde. Un arrangement familial impossible pour les familles monoparentales, sous tension entre travail et manque de moyens.
- Tous les postes pèsent, tous les âges coûtent : mais, plus encore, le logement, la petite enfance et l’adolescence. C’est pour l’Unaf, un encouragement à continuer son action en justice contre la suppression du décalage pour âge des allocations familiales, à dénoncer le poids croissant pour les familles du coût des modes de garde et à rechercher les moyens d’agir en faveur du logement familial.
- Un impact sur les projets de naissance : les parents sont conscients du coût de la charge d’enfant et s’organisent pour y faire face. Ils réorientent leurs priorités pour donner le meilleur à leurs enfants. Mais ils alertent très majoritairement, et quel que soit leur milieu, sur l’insuffisance des soutiens publics et affirment que leurs contraintes financières ne leur permettent pas de réaliser leur désir d’enfants.
La question du pouvoir d’achat concerne tous les Français mais elle se pose avec beaucoup plus d’acuité pour les parents car les enfants représentent un coût de moins en moins compensé par les soutiens publics. Les résultats de cet Observatoire des familles éclairent de façon inédite les stratégies des familles pour gérer leur budget contraint par les charges d’enfant. La parole des parents et leurs réalités de vie doivent conduire à mieux accompagner les familles en évitant lors des choix budgétaires pour 2027, des décisions publiques négatives notamment dans le champ des prestations familiales. Par ailleurs, l’Unaf sera force de propositions, lors des prochaines échéances électorales, pour améliorer la vie des familles.
* Une personne en couple avec 2 enfants à un niveau de vie médian inférieur de 4 521 € par rapport à une personne vivant en couple sans enfant. Source : Repss Famille 2025.